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Histoire de Germinal, ses secrets d’édition

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Connaissez-vous l'histoire de Germinal ?

Existe-t-il, dans l’histoire littéraire française, beaucoup d’exemples de romans dont les héros se sont si bien reconnus dans le portrait brossé d’eux, et de leur vie, qu’ils se sont approprié l’œuvre, avant même la mort de son auteur, pour s’en réclamer, ensuite, un siècle durant ? Assez peu, sans doute. C’est pourtant le cas de Germinal, roman dans lequel la corporation des mineurs et ses descendants se reconnaissent aujourd’hui encore, longtemps après la fermeture définitive des mines.

Paradoxalement, Germinal a conduit de nombreux mineurs sur le chemin de l’écriture. Ils se sont sentis légitimés par le succès populaire d’un livre dont ils sont les héros.

Mais d’où vient ce nom Germinal ?  Comment ce roman est-il devenu culte ?

Le soutien des ouvriers

Germinal est reconnu comme un cri de révolte et un acte « progressiste ». L’œuvre de Zola a su garder sa sombre beauté, sa force inquiétante et sa cruelle actualité.

A différentes occasions, les mineurs ont manifesté publiquement leur attachement à ce roman, faisant de lui leur « roman-culte » et de son auteur une référence. Le 5 octobre 1902 à Paris, lors des funérailles d’Emile Zola, la France populaire, les ouvriers, parmi lesquels des mineurs venus du bassin minier du Nord, manifestent publiquement leur vénération pour Germinal.

Un titre fort symboliquement

Le sens premier de Germinal est lié au renouveau cyclique de la nature, qui se situa au printemps (mars et avril). A ce renouveau s’apparente symboliquement l’éveil, chez les mineurs, d’une prise de conscience de leur condition.

Germinal représente également le septième mois du calendrier républicain, il commençait le 21 ou le 22 mars et finissait le 18 ou le 19 avril. Par ce biais Zola se réfère aux soulèvements en vue d’instaurer un ordre nouveau de la grande Révolution.

Zola s’adresse à un correspondant hollandais cinq ans après la publication du livre en ces termes :

« Quant à ce titre de Germinal, je ne l’ai adopté qu’après bien des hésitations. Je cherchais un titre exprimant la poussée d’hommes nouveaux, l’effort que les travailleurs font, même inconsciemment, pour se dégager des ténèbres si durement laborieuse où ils s’agitent encore. Et c’est un jour, par hasard, que le mot Germinal m’est venu aux lèvres. Je n’en voulais pas d’abord, le trouvant trop mystique, trop symbolique ; mais il représentait ce que je cherchais, un avril révolutionnaire, une envolée de la société caduque dans le printemps. Et, peu à peu, je m’y suis habitué, si bien que je n’ai jamais pu en trouver un autre. S’il reste obscur pour certains lecteurs, il est devenu pour moi comme un coup de soleil qui éclaire toute l’œuvre. »

A présent vous connaissez les secrets de l’histoire de Germinal, d’Emile Zola.


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